Joies de la Sainte Vierge et de Jésus
envers ceux qui ont compassion des souffrances de la Vierge
et
Promesses de NS Jésus-Christ

 
Extrait du livre de :
Saint Alphonse de Liguori, « Marie Reine des Martyrs », Bruxelles, imprimeur-éditeur Alfred Vromant, 1879, p. 27-29.

 

 

C

et amour si grand de Marie nous impose à nous tous une dette de reconnaissance, et cette reconnaissance exige tout au moins que nous méditions ses Douleurs et que nous sachions y compatir. Mais hélas ! C'est la plainte que fit la sainte Vierge à sainte Brigitte : il en est si peu qui compatissent à ses souffrances ! On vit d'ordinaire sans y penser. Aussi Marie recommanda-t-elle à sa servante de conserver le souvenir de ses Douleurs. « Je regarde, lui disait-elle, tous les hommes qui vivent dans le monde pour en trouver qui aient compassion de moi et qui pensent à mes douleurs, le monde en est extrêmement restreint. Mais vous, ma fille, quoique je sois oubliée d'un grand nombre, ne m'oubliez jamais : voyez ma douleur, imitez-la autant que vous le pouvez et souffrez avec moi. »

 

P

our comprendre combien la sainte Vierge est charmée de voir vivre en nous le souvenir de ses souffrances, il suffira de savoir quand l'année 1239 elle apparut à sept de ses dévoués serviteurs qui furent depuis les fondateurs de l'Ordre des Servites de Marie. Elle portait en main un habit de couleur noire et elle leur recommanda, s'ils voulaient lui être agréables, de méditer fréquemment ses douleurs et d'en garder sans cesse le souvenir en portant désormais le vêtement lugubre qu'elle leur tendit.

 

E

t Jésus-Christ en personne révéla à la bienheureuse Véronique de Binasco qu'Il éprouvait une satisfaction en quelque sorte plus grande à voir ses fidèles compatir aux douleurs de sa Mère qu'à les voir occupés de ses propres douleurs : « Ma fille, lui dit-il un jour au rapport des Bollandistes, j'aime beaucoup les larmes répandues au souvenir de ma Passion ; mais, à raison de l'amour immense que je porte à Marie ma mère, j'aime mieux encore la méditation des tourments qu'elle eut à endurer quand j'expirai sur la Croix. »

Aussi sont-elles immenses les grâces que Jésus promet à ceux qui honoreront les douleurs de sa Mère.

Pelbart rapporte, d'après une révélation de sainte Élisabeth que saint Jean l'Évangéliste eut le désir de revoir Marie quand déjà elle était remontée au Ciel. Ce désir fut exaucé. Sa Mère chérie lui apparut et Jésus avec elle. Le saint apôtre entendit que Marie demandait à son Fils une grâce particulière pour ceux qui honoreraient ses souffrances et que le Sauveur, souscrivant à la prière de sa Mère,

leur accorda quatre grâces tout à fait spéciales :
— premièrement, ceux qui invoqueront la Mère de Dieu au nom de ses Douleurs, mériteront de faire, avant leur mort, une sincère pénitence de tous leurs péchés ;
— secondairement, le Sauveur les assistera dans les tribulations qui pourront fondre sur eux, spécialement à l'heure de la mort ;
— troisièmement, il imprimera en eux le souvenir de sa Passion et, dans le Ciel, il leur en donnera la récompense ;
— quatrièmement, il les remettra aux mains de Marie pour qu'elle en use à leur égard selon son bon plaisir et leur obtienne toutes les grâces qu'elle voudra. »

 

 

 

 

 

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