Le chemin des Douleurs de la Vierge de Compassion

ou

LA “VIA MATRIS”

 

I) Origine.

Il y a longtemps que ce pieux exercice se pratique dans les églises de l'Ordre des Servites de Marie. Mais, depuis une cinquantaine d'années, il est devenu plus universel par suite de la solennité avec laquelle on l’a fait, à partir de 1836, dans l'église san Marcello des pères servites à Rome. Les indulgences dont l’a enrichie Grégoire XIII ont également beaucoup contribué à sa diffusion.

II) Érection.

La Via Matris peut être érigée par tout prêtre avec le consentement des Supérieurs diocésains, dans toute église publique ou oratoire privé, au moyen des pouvoirs accordés par le T .R. Père général de l'Ordre des servites de Marie. L'érection à lieu selon une formule insérée dans le rituel du même ordre.
[Plus simplement, elle permet de suivre Marie et donc son Fils dans leur Chemin douloureux et offre de nouvelles méditations pour nourrir votre chapelet des Douleurs.]

III) Indulgences.

Il y a une indulgence plénière pour tous ceux qui, à des jours distincts, feront sept fois les stations de Notre Dame des Douleurs appelée Via Matris, et une indulgence de sept années, et sept quarantaines, une fois le jour.

Il y a deux méthodes qui chacune nourrira notre dévotion.

 

PREMIÈRE MÉTHODE

S'arrêtant d'abord devant l'image de Notre Dame des Douleurs, on dira le Veni Sancte Spiritus :

Venez, Esprit Saint ; remplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour.
Envoyez votre Esprit et le monde sera créé.
Et vous renouvellerez la face de la terre.
Souvenez-vous de votre Congrégation.
Que vous avez possédée dès le commencement.
Seigneur, écoutez ma prière.
Et que mes cris arrivent jusqu'à vous.
Que le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Prions :

Nous vous en supplions, Seigneur, éclairez nos âmes de la lumière de votre clarté, afin que nous puissions voir ce que nous devons faire, et que nous puissions faire ce qui est bien.
Par Jésus-Christ Notre Seigneur.
Ainsi soit-il.

Acte de contrition.

 

Ô

Vierge désolée, combien j’ai été ingrat par le passé envers mon Dieu ! J’ai répondu à ses bienfaits innombrables par la plus noire ingratitude. Aujourd’hui je m’en repends humblement, et, dans l’amertume de mon cœur et la douleur de mon âme, je lui demande sincèrement pardon pour avoir outragé sa divine Bonté. Bien résolu, avec le recours de la Grâce, de ne plus l’offenser à l’avenir, par toutes les Douleurs que Vous avez souffertes dans la cruelle Passion de votre bien-aimé Jésus, je Vous prie, avec les soupirs les plus enflammés, d'implorez de lui Pitié et Miséricorde pour mes grands péchés. Acceptez ce saint exercice que je vais faire, en mémoire des peines et des douleurs que vous avez souffertes dans la Passion et à la mort de Jésus votre Fils. Accordez-moi, je vous en conjure, que le glaive qui transperça votre âme, transperce aussi la mienne, et que je vive et que je meure dans l'amour de mon Seigneur, que je puisse participer éternellement à la gloire qu'il m'a acquise au prix de son précieux sang.
Ainsi soit-il.

Puis l'on dit en passant d'une station à une autre :

Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

 

Première Douleur

Dans cette première douleur, l'âme se considère comme présente au temple de Jérusalem, lorsque la Vierge tout aimable entendit la prophétie du vieillard Siméon.

Méditation.

Quel saisissement dut éprouver le cœur de Marie, lorsqu'elle entendit les douloureuses paroles par lesquelles le saint vieillard lui prédit la cruelle Passion et la mort terrible de son très doux Jésus, et que se présentèrent devant son esprit les injures, les outrages et les supplices que les juifs impies devaient infliger au Rédempteur du monde ! Mais savez-vous qu'elle fut le glaive le plus cruel pour elle en ce moment ? Ce fut la pensée de l'ingratitude avec laquelle les hommes devaient traiter son Fils bien-aimé ; et songeant qu'à cause de vos péchés, vous êtes malheureusement du nombre de ces hommes, jetez-vous aux pieds de cette Mère affligée, dites-lui en pleurant :

Ô

très douce Vierge, qui avez éprouvé une si grande douleur en voyant l'abus que je devais faire, indigne créature, du sang de votre aimable Fils, faites, par votre cœur affligé, qu'à l'avenir je corresponde aux miséricordes divines, que je mette à profit les grâces célestes, et ne reçoive pas en vain tant de lumières, d'inspirations et de secours, afin que j'aie le bonheur d'être du nombre de ceux pour lesquels la cruelle Passion de Jésus sera le salut éternel. Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Deuxième Douleur

Dans cette deuxième Douleur, l’âme doit se représenter le voyage pénible de la Vierge en Égypte, lorsqu’elle fuyait la persécution du cruel Hérode.

Méditation.

Considérons la Douleur amère de Marie, quand, au milieu de la nuit, elle dut se mettre en route, sur l'ordre de l'ange, pour sauver son cher fils du carnage ordonné par ce prince féroce. À chaque cri d'animal, à chaque bruit de feuillage qu'elle entendait sur la route, elle se retournait d'un côté, de l'autre, elle pressait le pas, se croyant sur le point d'être atteinte par les soldats, qui, arrachant de ses bras son pauvre petit enfant, l'auraient impitoyablement égorgé sous ses yeux ; elle fixait alors sur son Jésus son regard voilé de larmes, le serrait fortement sur son cœur, et son cœur exhalait les soupirs les plus anxieux. Considérez combien de fois vous avez renouvelé cette cruelle Douleur de Marie en forçant, par les péchés les plus graves, son Fils de fuir votre âme, et dites-lui, pénétré d'un profond et humble repentir :

Ô

ma très douce Mère, Hérode ne vous a contrainte qu'une fois de fuir avec votre Jésus, par la persécution cruelle qu'il commanda ; et moi, combien de fois n'ai-je obligé mon Rédempteur, et par conséquent vous aussi, de fuir rapidement de mon cœur, en y introduisant le maudit péché, votre impitoyable ennemi, l'ennemi de mon Dieu tout aimable ! et je vous en demande humblement pardon avec un profond repentir. Miséricorde, bonne Mère, miséricorde ! Et je vous promets, avec la grâce de Dieu, de vous laisser à l'avenir, vous et mon Sauveur, en possession entière de mon âme. Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Troisième Douleur

Dans cette troisième douleur, l’âme doit se représenter la Vierge désolée à la recherche de Jésus.

Méditation.

Combien fut amère la Douleur de Marie quand elle s'aperçut qu'elle avait perdu son aimable Fils ! Et comme elle l'a senti s'accroître, quand, après avoir cherché parmi ses amis, ses parents, ses voisins, elle ne put avoir de lui la moindre nouvelle ! Ne s'arrêtant à aucune incommodité, à aucune fatigue, à aucun péril, elle a parcouru tous les chemins pendant trois jours, répétant les paroles de l'épouse des Cantiques : « avez-vous rencontré celui qu'aime mon âme ? » La grande anxiété qu'elle mettait à le chercher lui faisait croire à chaque instant qu'elle le revoyait, qu'elle entendait sa voix ; et puis, se trouvant déçue, elle s'effrayait davantage, et sentait plus cruellement l'immensité de cette perte déplorable. Quelle confusion pour vous, qui avez perdu si souvent Jésus par les fautes graves que vous avez commises, et ne vous êtes pas mis en toute hâte à sa recherche : ce qui montre bien que vous faites peu de cas de l'amitié de votre Dieu. Pleurez donc sur votre aveuglement, et dites en soupirant à cette Mère désolée  :

V

ierge des Douleurs, faites que j'apprenne de vous la vraie manière d'aller à la recherche de Jésus quand je le perds en écoutant mes passions et les suggestions malignes de Satan, afin que je puisse le retrouver ; et, quand j'aurai eu ce bonheur, je répèterai sans cesse les paroles de l'Épouse sacrée : « j'ai trouvé Celui que mon cœur aime ; je le retiendrai toujours près de moi, et je ne laisserai plus partir. » Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Quatrième Douleur

Dans cette quatrième Douleur, l’âme doit se représenter la rencontre de Jésus et de Marie sur le chemin du Calvaire.

Méditation.

Venez cœurs endurcis ; faites voir si vous pouvez résister à un spectacle aussi lamentable. Voilà une mère, la plus tendre, la plus aimante de toutes, qui rencontre son Fils, de tous le plus doux et le plus aimable, et dans quel état, ô Dieu ! Au milieu de la canaille la plus impie qui le traîne impitoyablement à la mort, couvert de plaies et de sang, déchiré de blessures, une couronne d'épines sur la tête, une croix pesante sur les épaules, épuisé de supplices, haletant de fatigue, qui semble prêt de rendre à chaque instant le dernier soupir. Considère, ô mon âme, le saisissement mortel qu'éprouvait la Vierge Très Sainte au premier regard qu'elle fixe sur Jésus dans ce douloureux état. Elle voudrait lui dire un dernier adieu, mais comment ; la douleur empêche de prononcer un seul mot ; elle voudrait se jeter à son cou, la violence de sa désolation la rend immobile et comme pétrifiée ; elle voudrait se fondre en larmes, mais son cœur est tellement serré et oppressé, qu'elle n'en peut verser une seule. Et qui pourra rester insensible à la vue d'une mère dans cet abîme d'angoisses ! Et qui donc est la cause funeste d'une si horrible torture ? C'est moi, moi, hélas ! C'est moi qui, par mes péchés, ai blessé le cœur de ma Mère désolée. Et je resterais insensible ? Et mes entrailles ne se déchireront pas à la vue d'une si monstrueuse ingratitude ?

Ô

Vierge Très Sainte, je vous demande mille fois pardon pour cette torture que je vous ai causée ; je reconnais et je confesse que je ne mérite pas de pitié, étant la seule cause de l'affliction que vous avez éprouvée en rencontrant votre doux Jésus dans ce triste état ; mais rappelez-vous que vous êtes la Mère de miséricorde ; et ayez compassion de moi qui vous promets d'être à l'avenir plus fidèle envers mon Rédempteur, et de vous faire oublier ainsi la désolation où j'ai plongé votre âme. Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Cinquième Douleur

Dans cette cinquième douleur, l’âme se représente le calvaire, où Marie vit mourir son Fils bien-aimé dans un océan de douleur.

Méditation.

Voici le Calvaire où sont dressés deux autels de sacrifice ; l'un est le corps de Jésus ; l'autre est le cœur de Marie. Triste spectacle ! Voyez cette Mère abîmée dans un océan de douleurs, quand on lui enlève par une mort cruelle, au milieu des plus atroces supplices, le doux et le bien-aimé fruit de ses entrailles. Vous voyez comme chaque coup de marteau, chaque plaie, chaque blessure qui atteint la chair adorable du Sauveur, retentit douloureusement dans le cœur inconsolable de Marie. Elle au pied de la Croix, tellement abîmée dans la douleur et l'angoisse, que vous ne sauriez dire qui doit expirer le premier, de Jésus ou de Marie. Elle regarde son Fils, elle le voit prêt de rendre le dernier soupir, elle considère ses yeux fixes, son visage cadavéreux, ses lèvres livides, sa respiration oppressée : elle reconnait enfin qu'il ne vit plus et qu'il a remis son esprit à son Père éternel. Quel effort fit alors son âme pour se séparer de son corps et se réunir à celle de Jésus ! Qui pourra résister à ce spectacle ?

Ô

Mère désolée ! Au lieu de quitter le Calvaire pour vous soustraire à une si vive douleur, comme le font les mères qui ne peuvent supporter devoir mettre à mort leur fils, Vous vous restez là, immobile comme un rocher, afin de boire jusqu'à la dernière goutte le calice amer de votre affliction. Quelle confusion ce doit être pour moi, qui cherche toujours à éviter les croix et les petites souffrances que le Seigneur daigne m'envoyer pour mon bien ! Faites que je comprenne une fois clairement le prix de la valeur de la souffrance, et que je m'attache de cœur à elle, au point que je m'écrie comme saint François Xavier : « encore plus, Seigneur ! Encore plus de souffrance, ô mon Dieu » pour ainsi effacer les dettes de mes péchés et participer au salut de mes frères. Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Sixième Douleur

Dans cette sixième Douleur, l’âme doit se représenter la Vierge désolée recevant dans ses bras le corps inanimé de son Fils, détaché de la Croix.

Méditation.

Considérons la peine cruelle de Marie, recevant sur son sein le corps sans vie de son bien-aimé Jésus. En regardant ces blessures, en comptant ces plaies, en contemplant tout ce sang répandu, sa douleur devint si grande, que son cœur fut mortellement blessé ; et si elle n'expira pas alors, admirons-le comme un effet de la Toute Puissance divine.

Ô

pauvre Mère, qui conduisez au tombeau le cher objet de vos plus tendres complaisances ! Il est beau comme un bouquet de lys et de roses, et les bourreaux en ont fait, par leurs mauvais traitements et les blessures dont ils l’ont couvert, comme un faisceau d'épines. Qui ne pleurera avec vous ? Qui ne se sentira atteint par votre douleur, en vous voyant plonger dans une désolation capable d'inspirer la pitié au rocher de plus dur ! Je vois Jean inconsolable, Madeleine et les deux autres Marie désolées, Nicodème ne pouvant plus supporter le poids de sa douleur, et moi... ? Moi seul, je ne verse pas une larme au milieu de tant de douleurs. Ingrat que je suis ! Ô Marie bien-aimée, faites que mon cœur soit percé du même glaive qui alors transperça votre âme désolée ; qu'il s'amollisse une fois, qu'il pleure sincèrement ses péchés maudits, qui vous ont infligé un si cruel martyre. Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Septième Douleur

Dans cette septième douleur, l’âme doit se représenter la Vierge désolé, quand elle vit enfermer dans le sépulcre son Fils mort.

Méditation.

Considérons quel soupir amer exhala le cœur de Marie quand elle vit déposer au tombeau son aimable Jésus. Quelle angoisse, quel supplice quand elle vit se dresser la pierre qui devait fermer ce tombeau sacré ! Impossible de détacher la divine Mère de l'entrée du sépulcre ; la douleur est telle, qu'elle restait comme insensible et immobile, se rassasiant de la vue de ces plaies et de ces blessures cruelles. Et quand enfin elle vit la tombe fermée, alors le saisissement de la douleur fût tel, qu'elle pensa réellement mourir.

Ô

Mère inconsolable, votre corps quittera maintenant ce lieu ; mais certainement votre cœur y restera, parce que là est votre trésor. Faites qu'avec lui demeure toute notre affection, tout notre amour. Et comment pourrait-il se faire que nous ne donnions pas tout notre amour au Sauveur, qui a donné tout son sang pour notre salut ? Comment pourrions-nous ne pas Vous aimer, vous qui avez tant souffert à cause de nous ? Par toutes vos douleurs que nous avons méditées jusqu'à présent, accordez nous cette grâce : que leur souvenir reste toujours vivement gravé dans nos âmes, que nos cœurs se consument d'amour pour notre Dieu si bon, et que le dernier soupir de notre vie soit uni à ce qui sortait du fond de votre âme pendant la cruelle passion de Jésus, auquel soit rendu honneur, gloire et action de grâce, durant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Ave Maria…

Vierge de douleurs, priez pour nous.
Ô Marie, mon amour !
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

À la très sainte et désolée Marie

 

J

e compatis, ô Très Sainte Mère, avec toute la tendresse dont mon cœur est capable, à votre extrême désolation. Elle fut bien grande, en effet, pendant que vous assistiez à la douloureuse Passion et à la mort cruelle de votre aimables Fils. Mais sa présence pouvait encore vous soutenir et vous consoler en quelque façon au milieu des tourments que vous éprouviez. Aujourd'hui je vous vois dénuée de toute consolation : Vous voilà veuve de votre époux, orpheline de votre père, privée de votre fils, de votre frère, de votre ami, de votre consolateur, de votre tout. Vos yeux ne voient plus l'aimable Jésus, sa voix si douce ne raisonne plus à vos oreilles : Jésus n'est plus votre compagnon sur la terre. Ô douleur sans égale ! Ô désolation amère ! Par cette séparation cruelle, par l'angoisse extrême que vous cause cette privation de votre bien-aimé, ayez pitié de moi, qui cent et mille fois ait perdu par ma faute mon adorable Seigneur. Faites encore, ô ma très tendre Mère, que par ma malice et ma faiblesse je ne donne plus à mon Jésus de motifs de s'éloigner, mais que je serve avec une fidélité constante tant que j'aurai un souffle de vie sur cette terre, afin que je puisse le voir et jouir éternellement de Lui dans le Ciel.

Trois Ave Maria en mémoire de la désolation de la Très Saint Vierge.

À la fin, on dira une partie du Stabat Mater comme pour la Couronne des sept douleurs.

 


 

DEUXIÈME MÉTHODE

Acte de contrition.

 

Ô

Vierge désolée, combien j’ai été ingrat par le passé envers mon Dieu ! Je frémis à cette pensée, et dans l'amertume de mon cœur, je vous prie instamment de m'obtenir grâce et miséricorde. Pendant le saint exercice que je vais faire, en mémoire des peines et des douleurs de votre vie, affermissez-moi, je vous en conjure, dans la résolution de ne plus contrister par mes péchés votre cœur maternel et celui de votre divin Fils.
Ainsi soit-il.

 

Première station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

« Un glaive de douleur transpercera votre âme. »

Ces paroles du saint vieillard Siméon, qui prédisent à Marie la douloureuse Passion et la mort cruelle de son divin Fils, entrent dans son cœur maternel comme un poignard qui n'en sera jamais arraché. Les outrages, les supplices que les juifs devaient infliger à notre aimable Rédempteur se présentèrent alors à son esprit, et pénétrèrent son âme de la plus vive amertume...


Ô
Marie, Mère de Douleurs, obtenez-moi une grande horreur des péchés par lesquels j'ai tant de fois contristé votre cœur et celui de Jésus, votre bien-aimé Fils.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Deuxième station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

« Lève-toi ; prends l’Enfant et sa mère et fuit en Égypte. »

Quelle douleur s'empara de l'âme de Marie quand, pour accomplir cet ordre du ciel, elle dut se mettre en route pendant la nuit, avec Joseph son époux, et son tendre enfant Jésus ! Que de craintes et de fatigues pendant ce long et pénible voyage ! Que de privations et de souffrances en Égypte !...


M
ère désolée, combien de fois ne vous ai-je pas contraint, par mes péchés, vous et votre aimable Fils, à fuir de mon cœur ! Préservez-moi à l'avenir d'un semblable malheur.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Troisième station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

« Voilà que votre Père et moi nous vous cherchions dans la douleur. »

De quel coup imprévu et douloureux fut frappé le cœur de la Très Sainte Vierge quand, en revenant de Jérusalem, elle s'aperçut de l'absence de son bien-aimé Jésus ! Avec quel empressement et quelle anxiété elle le chercha pendant trois jours et trois nuits ! (...)


M
ère très affligée si jamais j'avais le malheur de perdre Jésus en écoutant la voix de mes passions, que je ne m'endorme pas dans le péché, mais qu'à votre exemple je recherche promptement mon Sauveur, et que je n'ai de repos que lorsque je l'aurais retrouvé.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Quatrième station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

Jésus est condamné à mort. Marie, accompagnée par saint Jean, accourt sur le chemin du Calvaire pour lui dire un dernier adieu. Quelle rencontre douloureuse ! Quelle entrevue déchirante ! Dans quel pitoyable état Marie voit-elle son bien-aimé Jésus ! Il est défiguré, déchiré, brisé de fatigué chargé d'une lourde croix ! Jésus lève les yeux et rencontre ceux de sa pauvre Mère...


Ô
Mère Très Sainte, brisez la dureté de mon cœur et faites que, détestant l’énormité de mes fautes, je prenne part aux souffrances de Jésus, et que par la compassion j'allège l'immensité de votre douleur.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Cinquième station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

Quelle scène ! Quel spectacle sur le Calvaire ! Le Fils de Dieu est dépouillé de tous ses vêtements et étendu sur une croix ! On enfonce d'énormes clous dans ses pieds et dans ses mains, et on dresse sa Croix. Ensuite un soldat perce de sa lance son côté adorable. Marie est là debout : ces horribles scènes se passent sous ses yeux...


Ô
Marie si tendre et si aimante, les clous et la lance, en pénétrant la chair de votre divin Fils, ce sont enfoncés en même temps dans votre cœur maternel. Qu’ils percent aussi mon cœur coupable, et qu'ils l'attachent à la Croix de Jésus.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Sixième station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

Jésus, défiguré, mort, brisé, couvert de blessures, et détaché de la Croix est déposé entre les bras de Marie. Quel moment pour cette Mère si aimante ! Elle fixa ses regards sur ce visage autrefois si beau et maintenant couvert de sang, de sueur, de poussière, de crachats. Elle compte ses plaies, si profondes et si nombreuses. Par toutes ses blessures dispersées sur le Corps sacré de son Jésus, mais réunis dans son cœur maternel, elle demande grâce et miséricorde pour les pêcheurs...


Ô
Marie, la plus affligée des mères, toutes les plaies de Jésus sont autant de bouches qui me reprochent mon ingratitude et ma malice ; mais elles me disent aussi jusqu'à quel point votre divin Fils m'a aimé. Obtenez-moi la grâce de n'être plus ingrat envers un Dieu si bon. Que je l'aime, au contraire, de tout mon cœur.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

Septième station

Vous êtes plongée dans la douleur et les larmes, Vierge Marie.
Au pied de la Croix de Jésus-Christ votre Fils.

 

Voici le moment le plus cruel pour le cœur de Marie. Le corps de son Fils si aimable est arraché à son amour pour être déposé dans le tombeau. Elle ne le verra plus ! Elle n'entendra plus sa douce voix ! Quelle séparation ! Quelles angoisses ! Quel supplice lorsque la pierre est placée sur le sépulcre ! Quel déchirement quand il faut s'éloigner !


Ô
Marie si aimable, que pouviez-vous faire de plus pour moi ? Pour me prouver votre amour, vous avez donné votre divin Fils. Que pourrais-je désormais vous refuser ? Soutenu par votre maternelle protection, je ne reculerai devant aucun sacrifice pour plaire à Jésus.


Ave Maria.

Priez pour nous, Vierge très affligée.
Afin que nous soyons trouvés dignes des promesses de Jésus-Christ.

En passant d'une station à une autre, on dit :
Marie, Mère de douleur,
Gravez vos peines dans mon cœur.

 

 


 

 

Après les souffrances, les privations, l’obéissance à la Volonté de Dieu, …


L’Assomption.

 

 

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