Seconde Méthode pour entendre

La Sainte Messe

En l’Honneur de

Notre-Dame des Douleurs

 

Prière avant la sainte Messe

Ô Dieu, dans la Passion de qui, suivant la prophétie de Siméon, un glaive de douleur a transpercé l'âme si douce de la glorieuse Marie, Vierge Mère, faites dans votre bonté, que célébrant la mémoire de ses Douleurs, nous éprouvions les heureux effets de votre Passion : Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Depuis le commencement de la messe jusqu'à l'Introït

Première Douleur de Notre Dame
La prophétie de Siméon.

Rappelons-nous que Notre Dame, pour obéir à la sainte loi de Dieu, quarante jours après la naissance de notre divin Sauveur, prit le Saint Enfant Jésus pour le présenter au temple, et fit l’offrande prescrite par la loi de Moïse. Notre Dame offrit alors Notre Seigneur Jésus-Christ au Père éternel. Elle savait qu'il était venu au monde pour dégager la race humaine des liens du péché, pour rendre par le sacrifice de lui-même, le royaume de Dieu à tous les hommes, et les constituer une fois de plus les héritiers du Ciel. Elle savait que cette offrande serait acceptée, et que son Fils bien-aimé était la seule Victime qui put satisfaire à la Justice du Tout-Puissant. Animée d'un grand esprit d’obéissance à la sainte loi de Dieu, d'un grand esprit de foi, poussée par le désir de coopérer à la volonté du Maître, Marie vint dans le temple offrir Jésus Notre Seigneur au Père éternel. Son sacrifice fut accepté, et elle entendit parler Siméon, qui recevait l'inspiration du Saint Esprit. Elle sut que Notre Seigneur donnerait, dans les circonstances les plus pénibles, sa vie et sa mort pour l’expiation des péchés des hommes. Ce fut alors la première Douleur de Marie.

Prière

Ô Mère de Douleurs, vous dont le cœur aimant fut blessé par la prévision des souffrances qu’aurait à subir un jour votre Fils tendrement chéri, obtenez-moi la grâce de savoir et de sentir que c'est moi qui, par mes péchés, fut la cause de tous les tourments de Jésus et de toutes vos afflictions. Obtenez que, pénétré d'une contrition sincère, je puisse de tout mon cœur regretter mes péchés et les expier de tout mon pouvoir. Je désire m'unir à vous pour pleurer les tourments de mon Créateur. Faites qu’à votre exemple je médite souvent sur les scènes douloureuses dans lesquelles il fut à la fois le héros et la victime, et que je ne cesse de détester mes péchés, qui lui ont imposé un sacrifice si complet, et à vous une si terrible désolation. Ainsi soit-il.

 

À l'Épître, à l'Évangile et au Credo

Seconde Douleur de Notre Dame
La fuite en Égypte.

Rappelons-nous que le cruel roi Hérode fit tous ses efforts pour s'emparer de la vie de Notre Seigneur, et que pour réaliser son barbare projet, il donna l'ordre de mettre à mort tous les enfants de deux ans et au-dessous qui se trouvaient à Bethléem et dans les environs ; qu'alors l'Ange de Dieu apparut à saint Joseph pendant qu'il dormait, et lui ordonna de prendre l'Enfant et la Mère, de fuir en Égypte, et d'y rester jusqu'à ce qu'il lui dit de revenir en Judée. Considérons que ce fut à cette occasion que Marie éprouva sa seconde Douleur, gémissant amèrement sur la perversité d'Hérode, sur le massacre d'un si grand nombre d'enfants innocents et sur tous les maux qui menaçaient la sainte Famille. De quelle douleur ne fut pas abreuvée l'âme de Marie, lorsqu'elle se vit obligée de fuir si soudainement sans faire aucun préparatif, de s'éloigner du temple de Jérusalem, de sa maison, de ses parents ! Cette douleur fut bien augmentée encore par la pensée de demeurer en Égypte, pays de l'esclavage et de l'idolâtrie, d'habiter au milieu d'étrangers dépourvus de bienveillance, et de voir les siens réduit à toutes sortes de privations.

Prière

Ô Mère de Douleurs, vous qui fûtes obligée de fuir en Égypte pour échapper au cruel complot tramé par le roi d'Hérode contre la vie de Jésus Notre Seigneur, obtenez-moi la grâce d'éviter, avec la plus grande attention, le péché, qui a éloigné votre Fils de son pays natal pour l'obliger à vivre exilé sur une terre étrangère ; le péché, qui peut me fermer à moi-même la céleste patrie ; le péché, qui traîne à sa suite peines, misères, remords et précipite les hommes de la possession du Royaume de Dieu dans les Ténèbres et l'esclavage de Satan. Faites briller à mes yeux la vraie lumière, et par le profond chagrin que vous avez éprouvé dans cette seconde Douleur, inspirez-moi une contrition sincère de tous mes péchés, cause du pénible exil dans lequel vous avez vécu avec votre Fils bien-aimé. Ainsi soit-il.

 

À l'Offertoire

Troisième douleur de Notre Dame
La perte des trois jours.

Rappelons-nous que Notre Seigneur, à l'âge de douze ans, se rendit à Jérusalem avec Notre Dame et saint Joseph à l'occasion de la fête de Pâques, et conformément à la coutume établie, qu'ils y restèrent trois jours et s'en retournèrent ensuite, à l'exception toutefois de l'Enfant Jésus, qui a l'insu de ses parents, ne quitta pas la ville. Après avoir voyagé pendant toute une journée, ses pieux pèlerins le cherchèrent parmi leurs parents. Ce furent en vain. Ils reprirent alors le chemin de Jérusalem, et trois jours après le retrouvèrent dans le temple. Nous pouvons dans une certaine mesure comprendre la Douleur de Marie, en nous rappelant les paroles qu'elle adressa à Notre Seigneur lorsqu’ils le rencontrèrent dans le saint lieu : « Fils, pourquoi nous avez-vous traité de la sorte ? Votre père et moi, nous vous avons cherché fort affligés. » C'était la première séparation Cette considération peut nous faire apprécier l'étendue du chagrin de la Vierge Marie. Jamais depuis sa naissance l'Enfant-Dieu ne l'avait quittée ; la perte par conséquent d'un tel trésor était proportionnée à l'amour plein de tendresse qu'elle avait conçu pour lui. Son cœur était plein de douloureux pressentiments ; elle se demandait si l'heure à laquelle la prophétie de Siméon devait se réaliser était arrivée, et si le glaive de Douleur ne devait pas à ce moment même transpercer son âme. Cette recherche du Fils par la Mère fut en effet bien douloureuse, et le glaive de Douleur, en traversant l'âme de la Vierge bénie, y fit une large et profonde blessure.

Prière

Ô Mère de Douleurs, vous qui dans votre extrême affliction avez goûté l'amertume du péché ; Vierge sans tache, vous qui avez tant souffert pour les péchés des autres, daignez avoir pitié de moi, afin que la grâce de Dieu aidant, je puisse du fond du cœur me repentir de toutes mes fautes. Je veux, en m’unissant à vous, regretter sincèrement toutes les injures que j'ai faites à mon Dieu et réparer toute la peine que j'ai causée à mon divin Maître, qui est mort pour moi. Ô ma Mère, je vous en supplie par les mérites de cette troisième douleur, obtenez-moi la grâce de ne jamais perdre Jésus, et l'ayant perdu, de me mettre aussitôt à sa recherche pour le retrouver et le posséder, afin que mon cœur puisse savourer en Lui toute joie et toute consolation. Ainsi soit-il.

 

A la Préface

Quatrième Douleur de Notre Dame
La rencontre sur le chemin du Calvaire.

L'époque fixée par la Providence pour l'accomplissement du grand Sacrifice qui doit dégager l'homme des liens du péché est arrivée. Notre Seigneur est trahi par l'un de ses apôtres et abandonné par les autres. Il est seul au milieu de ses accusateurs, et il subit l'humiliation que lui impose sa condamnation à mort, prononcée par un juge qui l'a déclaré innocent de tout crime. Il est chargé de la Croix sur laquelle il doit mourir, et il est dirigé vers le Calvaire. Notre Dame, sachant que l'heure suprême est venue, désire être avec son Fils pour lui témoigner tout son amour. Elle se mêle donc à la foule qui stationne devant la demeure de Pilate, et elle se prépare aussi à marcher vers le Calvaire. Puis sur le chemin elle rencontre son divin Fils portant sa Croix. Essayons de nous faire une idée exacte de la douleur qui brise l'âme de Marie en ce moment. Toutes les prévisions de cette Mère sont maintenant des réalités : son Fils va mourir et mourir d'une mort cruelle, horrible. Il a été flagellé et insulté, couronné d'épines, et elle le voit, Lui naguère si beau, si gracieux, défiguré, couvert de sang et de blessures, repoussé « comme un objet de mépris, comme le dernier des hommes, comme un lépreux, comme un homme frappé de Dieu et humilié ».

Prière

Ô Reine des martyrs, vous qui, dans cette rencontre avec votre divin Fils, avez senti si profondément la culpabilité des pécheurs, dont Jésus expiait les crimes pour satisfaire à la Justice de Dieu, obtenez-moi, par votre puissante intercession et par le mérite de la peine que vous avez éprouvée dans cette Douleur, la grâce de me repentir sincèrement de tous mes péchés si nombreux et si graves, la grâce de me souvenir toujours des tourments que subit Notre Seigneur en portant sa Croix, et de l'affliction qui tortura votre âme, ô douce Mère, lorsque vous le rencontrâtes sur le chemin du Calvaire. Faites que je n'oublie jamais que mes péchés ont été la cause de cette désolation, et priez pour que je puisse faire pénitence de toutes les fautes dont je me suis rendu coupable. Intercédez pour moi, d'une façon toute spéciale, durant cette sainte Messe, afin que du Sacrifice de la Croix puisse découler le salut de mon âme. Ainsi soit-il.

 

À l'Élévation

Cinquième douleur de Notre Dame
Le Crucifiement et la Mort de Notre Seigneur.

Enfin Notre Seigneur est arrivé à l'endroit où il va être crucifié, cloué à la Croix et exposé au regard de la multitude. Elle est immense la foule qui entoure le lieu où Jésus souffre et meurt. Sont présents : les soldats, les exécuteurs de la sentence déicide, les scribes, les pharisiens et les prêtres de la loi, tous les ennemis de l'Homme-Dieu, ceux qui ont conspiré contre lui, et une masse de ville populace, qui blasphème et se moque du Sauveur. « Il a sauvé les autres, disent-ils, et il ne peut se sauver lui-même. » Pourquoi ? Oh ! C'est parce qu'il veut s'offrir en holocauste pour les péchés des hommes. Notre Dame assista à ce spectacle effrayant, et endure dans son Cœur la peine plus déchirante. Elle voit son Bien-Aimé attaché à la Croix, que ses bourreaux ont dressée ; elle est loin de lui, et ne peut s'approcher de Lui pour le consoler. Chrétiens ! Songez, et « voyez s'il est une douleur semblable à celle de la plus pure des créatures ». Elle peut, après quelque temps, se rapprocher de la Croix, au pied de laquelle elle se tient debout. C'est là qu'elle entend ces paroles : « Femme, voilà votre fils ! — Fils, voilà votre Mère » et : « tout est consommé ». Quel tourment de douleur inonde alors son âme !

Prière

Ô Mère de Douleurs, ô ma Mère, vous qui êtes restée debout près de la Croix sur laquelle expirait votre divin Fils pour le salut de mon âme et l'expiation de mes péchés, ayez pitié de moi, votre indigne enfant, et faites que je vénère avec un vif amour les peines et les tourments qui ont causé la mort de mon Sauveur, que je conçoive de plus en plus l'horreur de mes fautes, et que je me repente de toute la force de mon cœur de les avoir commises. Obtenez-moi la grâce de ressentir la plus grande aversion pour le péché, de m'unir à Vous dans l'immense affliction que vous avez endurée au pied de la Croix, et de pouvoir offrir à Dieu de nombreuses pénitences et réparations en échange de la faveur inappréciable qu'il m'a accordé par le Crucifiement et la mort de votre divin Fils. Ainsi soit-il.

 

Au Pater Noster

Septième Douleur de Notre Dame
Notre Seigneur est descendu de la Croix.

Notre Seigneur est mort sur la Croix. Joseph et Nicodème, avec la permission du gouverneur romain, descendent son corps inanimé et le remettent à Notre-Dame, pendant qu'ils font tous les préparatifs pour le transporter au sépulcre où il doit être déposé. Considérons ce qu'éprouve Marie lorsqu'elle tient dans ses bras le Corps de son Fils. Il est mort, Lui, l'auteur de la vie, le créateur du monde; il est mort, ce sont ses propres créatures qui l'ont fait mourir ! Comme le cœur de cette pauvre Mère est brisé ! Son Fils n'est plus ; il a succombé sous les coups de l'injustice, de l'envie, de la haine, de toutes les passions. Il a été trahi, repoussé par les siens. Il a été estimé moins qu'un vil criminel, que le peuple a préféré et mis en liberté. Elle voit en ce moment de près toutes les plaies béantes dont le corps de son Fils est couvert. Son cœur est navré à la pensée de ce que son Jésus a dû souffrir. Quel est le cœur qui ne battrait pas à l'unisson de celui de Marie dans cette affliction, vaste comme l'océan ? Qui pourrait ne pas comprendre l'immensité de la douleur dont son âme déborde à la vue des traces sanglantes laissées par la Passion sur le corps de son divin Fils ? Et je dois confesser que ce sont mes péchés qui ont été la cause de tout ce mal !

Prière

Ô Mère de Douleurs, ô ma Mère, je désire me joindre à vous pour vénérer les plaies sacrées de votre divin Fils. Permettez-moi, bien que j'en sois indigne, de pleurer avec vous. Je suis honteux d'avoir été pour mon adorable Rédempteur la cause de tant de tourments, et pour vous la cause d'une si accablante désolation. Faites, très sainte Mère, que je puisse obtenir de la Miséricorde de Dieu, par les mérites de la Passion et de la mort de votre Jésus, le pardon de mes péchés et la grâce d'en faire pénitence pendant tout le reste de ma vie. Désormais je veux supporter avec patience toutes les tribulations de cette terre, en union avec votre immense douleur, et faire ainsi, autant qu'il est en moi, amende honorable pour toutes mes fautes. Ainsi soit-il.

 

De la Communion à la fin de la Messe

Septième douleur de Notre Dame
La Sépulture de Notre Seigneur.

Le sépulcre est prêt. Les restes sacrés de Notre Seigneur, enveloppés dans un linceul blanc et parfumé, y sont déposés. Une énorme pierre roulée près de l'ouverture la ferme complètement. Considérons la Douleur de Notre Dame quand le corps de son enfant bien-aimé lui est enlevé pour être mis au lieu de son repos. Elle ne le voit plus. Celui qui faisait tout le charme de sa vie n'est plus visible à ses yeux. Celui qui était sa vie est mort. Alors devant elle se déroule le tableau le plus sombre. Dans l'avenir, plus de joie, rien que la tristesse, des souvenirs pénibles, la mémoire lamentable du passé, l'amertume de sa récente affliction. Son Fils mort, et elle veuve ! La voilà seule, debout à la porte du tombeau, et derrière le roc gît tout ce qu'elle avait de plus cher au monde : son Fils, et quel Fils ! Le Seigneur des seigneurs, le dispensateur de tous les biens, le Sauveur du monde, l'ami du pauvre, le refuge des pécheurs, des affligés, des malades. Impossible de mesurer l'étendue de la désolation qui ravage le Cœur de Notre Dame. L'amour seul qu'elle portait à son Fils peut nous en donner une idée. Ô cruel péché ! Tu as fait mourir le Fils, et tu as plongé dans les angoisses indicibles le Cœur de la Mère.

Prière

Ô Mère de Douleurs, ô ma Mère, vous dont le cœur fut si cruellement déchiré lors de la sépulture de votre bien-aimé, obtenez que mon âme soit touchée de repentir, et pleure sincèrement mes péchés, cause de cette cruelle séparation ; oh! Je les regrette de toutes mes forces, car ils ont plongé votre cœur dans la plus terrible désolation. Je m'unis à vous devant la tombe de mon Sauveur crucifié, et je vous demande instamment d'intercéder pour moi, afin que, par les mérites de la mort et de la sépulture de mon Dieu, je sois purifié de toutes les souillures et fortifié par la grâce divine, de telle sorte que je renonce à toutes les vanités du siècle pour m'appliquer une vie toute nouvelle, à une vie tout inspirée par la grâce et toute remplie de vertus.

Ô Marie, Mère de Douleurs, obtenez-moi de Celui qui est l'auteur de toutes les miséricordes, par les mérites de vos Sept Douleurs, une contrition parfaite de tous mes péchés, et la grâce de compatir avec un tendre amour à la Passion et à la mort de votre Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

 

 

 

PDFtélécharger en PDF...