Les Sept Vendredis en l'Honneur de
Notre-Dame des Sept Douleurs

Les Sept Vendredis en l'Honneur de
Notre-Dame des Sept Douleurs

 

PRÉSENTATION ET CONSEILS

 

C
ette pratique est d'institution récente et semble tout à fait appropriée aux inclinations des âmes intimement attachées au culte de Notre Dame des Douleurs, car elle renferme en elle-même, par la répétition d'un exercice vraiment efficace, une force toute particulière pour rappeler le souvenir de la vie douloureuse de la Très Sainte Vierge, et laisser dans le cœur une profonde et durable impression.
C'est un des meilleurs exercices pour obtenir de Notre Dame une faveur exceptionnelle, une grâce très importante.
Cette pratique consiste principalement dans la méditation sur les Douleurs de la Très Sainte Vierge qui doivent se faire pendant autant de vendredis successifs.
Pour profiter au maximum de cette pratique, il est conseillé :
— pour chacun de ces vendredis, de se confesser et de recevoir la sainte communion.
— de préparer la veille de ces vendredis la méditation faite le lendemain.
— de réciter la veille du vendredi le Rosaire des Douleurs de la Vierge tout au moins sept Pater et sept Ave, afin d’obtenir de Notre Seigneur, par Notre Dame des Douleurs, une grande componction, une vraie pureté de cœur, une vive dévotion aux Douleurs de Notre Dame.

 

 

PREMIER VENDREDI


Prophétie de Siméon
C

onsidérez comment l'Enfant Jésus ayant été présenté dans le temple et reçu dans les bras de Siméon, ce saint vieillard, qui après avoir rendu grâce à Dieu pour une si grande faveur, se tourne vers Marie et lui dit : « ne croyez pas, Marie, que votre Fils, parce qu'il est le Sauveur du monde, doit être reconnu et servi de tous : pour les uns il sera vie et salut, et pour les autres ruine et perdition ; plusieurs, au lieu de l'adorer et de l'aimer, le prendront pour objet de leur persécution et de leur haine, jusqu'à lui infliger la mort la plus cruelle et la plus infâme en le crucifiant ; et ce sera alors, Mère infortunée qui en serez témoin, que vous sentirez votre âme percée du glaive aigu de la douleur. » Qui pourra faire comprendre l'effet que produisirent ces paroles sur le cœur maternel de la Vierge, en s'entendant prédire, non seulement la mort de son Fils bien-aimé mais encore la ruine du peuple d'Israël ? Ces paroles furent autant de dards qui lui occasionnèrent d'atroces douleurs, dit saint Anselme. Si Marie prévit alors l'ingratitude et les malheurs du peuple juif, qui devait être l'auteur de la mort ignominieuse et cruelle de son Dieu, elle prévit encore l'ingratitude avec laquelle, au lieu de profiter du précieux Sang que Jésus répandrait pour nous sauver, tant de peuples et de multitudes ainsi que moi-même rendraient inutile ce précieux salut, en le foulant aux pieds, le changeant en un poison qui me donnerait la mort éternelle. Ô Vierge très compatissante et très affligée, puisse que j'ai tant accru en vous ces cruelles douleurs, faites que par un sincère repentir de mes péchés et une tendre compassion de vos peines, j'adoucisse l'amertume de vos chagrins ; faites-moi, ô Mère très chérie, participer à vos Douleurs, selon la volonté de Dieu, et que le fruit de cette Passion qui vous fut prédite, et qui vous causa tant d'affliction, ne soit pas perdu pour moi.

Ô Mère, source d’amour, faites que je sente la force de votre douleur et que je pleure avec vous.

Grâce à demander

Mère de miséricorde, comme vous avez eu toujours dans la mémoire et dans le cœur la mort de votre Fils qui vous a été prédite par Siméon, ce qui fut toujours pour vous un sujet d'affliction, faites je vous prie, que j'ai toujours présent dans le cœur et l'esprit, la pensée que je dois mourir afin que je ne pêche plus.

Avantage à recueillir de cette première douleur

  • La Vierge quarante jours après son enfantement, présenta à Dieu dans le temple, tout qu'elle avait de plus cher et de plus précieux, c'est-à-dire son Fils unique ; ainsi nous devons consacrer à Dieu ce que nous estimons le plus, ce que nous aimons davantage au monde, et tout au moins lui offrir notre cœur.
  • Quoique la Vierge soit exempte de péché et ait conçu par l'opération du Saint Esprit et qu'ainsi elle ne soit pas obligée à la purification, elle voulut néanmoins s'y soumettre pour accomplir la loi et ne pas paraître avoir plus de mérites, ni être meilleure, ni plus élevée que les autres femmes ; ainsi apprenons nous-mêmes à nous humilier toujours, quelque soit les privilèges et dons de grâce ou de nature que Dieu nous a accordé.
  • Lors de la présentation de son Fils au Temple, la Vierge, par l'effet de sa pauvreté, ne put faire une riche offrande. Apprenez donc que Dieu sera satisfait du peu que vous lui offrirez, si votre offrande est pure et faite de bon cœur.

 

 

DEUXIÈME VENDREDI


Fuite en Égypte
C

onsidérez quelle grande Douleur s'empara du cœur de la Très Sainte Vierge, lorsque de nuit, au milieu de l'hiver, sans parents et sans amis pour l'assister, dépourvu de tout, elle fut obligée de fuir précipitamment avec son époux Joseph et son tendre nourrisson Jésus, afin d'entreprendre ce long et périlleux voyage pour se rendre en Égypte, par l'ordre de l'ange. Quelle plus grande calamité peut-on concevoir, dit saint Jean Chrysostome, qu'un enfant né depuis peu, suspendu au cou de sa mère, privé de tout secours humain, contraint avec sa pauvre Mère de fuir en Égypte, errants et méconnus ? Comment par la nuit se garantir du froid et se mettre à l'abri ? Où se procurer des aliments ? Combien de périls, d'appréhensions et de craintes, auront assiégé et affligé notre tendre Mère et saint Joseph. Quelle barbarie et cruauté d’Hérode ! Mais ne suis-je pas plus impie et cruel que ce roi, qui ne vous a persécuté qu'une seule fois, tandis que je vous contriste continuellement. Une seule fois il mit en fuite votre Fils et vous-même ainsi que saint Joseph tandis que  moi, à tout moment et à force de péchés, je le contrains de s'éloigner et de se séparer de mon âme. Si Hérode le poursuivi, il ne le connaissait pas pour le vrai Dieu ; moi je le connais pour tel, pour le Créateur et le Rédempteur de mon âme, pour mon meilleur Bienfaiteur et malgré tout cela, que d'outrages, que d'injures ne reçoit-il pas de moi ! Je ne veux plus vous offenser à l'avenir et obtenez moi, ma Souveraine désolée, le pardon de mes fautes passées, l'amour de votre Fils, et un vif sentiment de compassion pour votre douleur amère.

Faites que mon cœur aime avec ardeur le Christ, mon Dieu, et ne songe qu’à lui plaire.

Grâce à demander

Très Sainte Vierge Marie, au nom de cette grande douleur que vous avez subie lorsque que vous fûtes forcée de fuir en Égypte pour sauver votre Fils de la fureur d'Hérode, obtenez moi la grâce d'éviter les embûches de mes ennemis sur la route périlleuse qui conduit au Ciel.

Avantage à recueillir de cette seconde douleur

  • Ce qui détermina Hérode à persécuter Jésus fut le désir de dominer, parce qu'il craignait que Jésus ne lui enlevât son trône et sa couronne. Que cet exemple nous apprenne à détester l'orgueil, les grandeurs et la vanité.
  • La Très Sainte Vierge fut avertie de nuit par Saint-Joseph son époux, de la nécessité de prendre la fuite et partît sans attendre le jour ; ce qui doit nous apprendre à obéir de suite lorsque Dieu, par des inspirations intérieures ou par tout autre moyen, vous fait connaître sa sainte Volonté.
  • La Très Sainte Vierge abandonna tout ce qu'elle avait dans cette pauvre demeure, satisfaite d'emporter avec Elle le Fils de Dieu. Ainsi apprenons que lorsque le Tout-Puissant nous ordonne de fuir le monde et le péché, nous devons quitter tout ce qui peut nous retenir, content d'être avec notre seul Dieu.

 

 

TROISIÈME VENDREDI


Jésus égaré dans le Temple
C

onsidérez de quelle douleur imprévue du être frappé le cœur de Marie, lorsque sortie du temple de Jérusalem, elle s'aperçut de l'absence de son très aimé Jésus son Fils unique, son bien, son trésor. Son très chaste époux et elle, voyant qu'ils avaient perdu, excités autant par l'amour que par la douleur, sans perdre de temps ni prendre de repos et ni d'aliments, quoique faibles et fatigués, reviennent promptement sur leurs pas. Il n'y a ni place ni rue qu'ils ne parcourent ; ni maison ni auberge dans lesquelles ils n'entrent ; ni étrangers ni compatriotes, ni amis ni parents auxquels ils ne le demandent, en poussant des soupirs et en versant des larmes ; mais personne ne peut leur en donner des nouvelles. Aussi que de plaintes, que de lamentations n'exhalent pas du cœur de l'inconsolable Mère, et quelles pensées angoissées ne tourmentent pas son âme. Déjà trois jours et trois nuits se sont écoulés dans cette pénible recherche sans qu'il reparaisse. Voilà, ô mon âme, la peine cruelle qui affligea non pour une heure, mais pendant trois jours entiers, le cœur embrasé de Marie ; et cependant ce ne fut pas par sa faute, mais par un dessin particulier de la Providence qu'elle perdit son Dieu, son Fils Jésus. Et nous, qui volontairement Le perdons en péchant et en sommes si longtemps séparés par nos péchés, rien ne nous afflige ; nous ne nous mettons pas en peine de le retrouver. Ô inconsolable Mère de mon Dieu, au nom de ces intarissables larmes que vous avez versées dans les rues de Jérusalem en cherchant votre adorable Jésus, amollissez la dureté de mon cœur ; faites-moi participer à votre douleur et que je fonde en larmes par un vrai repentir, jusqu'à ce que je retrouve comme vous mon adorable Sauveur.

Vierge, la plus noble des vierges, ne me soyez pas sévère : donnez-moi de pleurer avec vous.

Grâce à demander

Ô Très sainte Marie, doux refuge des pêcheurs, par le mérite de cette amère douleur, faites que Jésus rentre dans mon âme, d'où par ma faute il s'est éloigné ; donnez-moi une étincelle de votre amour, afin que je ne le perde plus, mais qu'au contraire je Lui reste uni pour toujours.

Avantage à recueillir de cette troisième douleur

  • Si la Très Sainte Vierge s'affligeait tant, si elle prit tant de peine pour retrouver son Jésus perdu, que ne devons-nous pas faire pour Le retrouver par la grâce divine, lorsqu'il nous arrive de Le perdre par le péché !
  • Ce n'est pas dans son voyage en Égypte que la Très Sainte Vierge perdit Jésus, c'est lorsqu'elle se rendit à Jérusalem pour la solennité de Pâques : ce qui doit nous apprendre qu'autant la solitude et la retraite sont favorables pour rester uni à Dieu, autant nous courons le risque de Le perdre dans le tumulte du monde et des sociétés.
  • Après trois jours, la Très Sainte Vierge retrouva son Fils Jésus ; de même si nous le perdons par le péché, nous le retrouverons au moyen des trois actes de la contrition, de la confession, de la satisfaction.

 

 

QUATRIÈME VENDREDI


Rencontre de Jésus portant sa Croix
C

onsidérez la Très Sainte Vierge, prévenue par saint Jean que Jésus, condamné à mort, s'avance vers le Calvaire portant sur ses épaules déchirées par la flagellation une pesante Croix. Considérez Marie courant à la rencontre de son Fils pour lui dire le dernier adieu. Ô douloureuse rencontre, qui pourra concevoir la cruelle angoisse, le feu dévorant qui alors s'empara de son cœur, lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de son Fils succombant sous le poids de sa Croix ! Dans quel état l'aura mise le spectacle de son Jésus couronné d'épines qui lui percent les tempes, couvert de plaies qui le rendent méconnaissable, garrotté, souillé par des crachats, ayant le corps tout meurtri et tout ensanglanté ? Cette douleur passe tellement toutes les bornes, qu'il est impossible de lui donner d'autres nom que celui de spasme. Voilà pourquoi, aux dires de Cajetan, dans l'endroit où cette rencontre eut lieu, on a élevé une église sous le nom de Notre Dame du Spasme, quoiqu'en réalité la sainte Vierge n'ait pas éprouvé de défaillance réelle, étant douée d'une grande force d'âme, comme l'explique très bien le même docteur. Pauvre Mère ! Pauvre Fils ! Ils voudraient se donner quelques témoignages de tendresse et se dirent au moins le dernier adieu ; mais, muets par la véhémence de la douleur, ils s'arrêtent et se contentent de se regarder mutuellement. Quel regard douloureux des deux côtés, et quel douloureux échange de sentiments dans ce mutuel regard ! Le Fils et la Mère sont écrasés par la douleur. Et toi, mon âme, que fais-tu ? Si tu résistes à ce spectacle, tu es plus insensible que le bronze. Souffrirai-je que mon Jésus soit ainsi accablé sous le poids de la Croix sans venir à son secours ? Souffrirai-je que ma très aimante Mère soit ainsi oppressée par la douleur sans que je la plaigne ? Attendrissez, amollissez, Mère très forte, la dureté de mon cœur et faite que je déteste l'énormité de mes péchés.

Faites que je participe aux peines et à la Croix de votre Fils selon la volonté de Dieu et que j'allège votre immense Douleur en y compatissant et en devenant saint.

Grâce à demander

Ô Très Sainte Marie ! Par le mérite de ces larmes amères avec lesquels vous avez accompagné votre Fils au Calvaire, obtenez moi la grâce, je vous prie, de porter avec patience les croix de chaque jour.

Avantage à recueillir de cette quatrième douleur

  • Considérez comment Jésus, quoique faible, fatigué et tout meurtri, porte sa croix sans se plaindre ; et puis soyons honteux de notre peu de courage à supporter la moindre tribulation.
  • Par compassion pour sa Mère, les bourreaux, la voyant si affligée, chargèrent la Croix de Jésus sur les épaules de Simon le Cyrénéen. Et nous du moins, pour ne pas occasionner de nouvelles douleurs à Marie, ne cesserons-nous pas de rendre plus pesante la Croix de Jésus, en ajoutant de nouveaux péchés à ceux que nous avons déjà commis ?
  • Parmi le grand nombre de ceux qui accompagnaient Jésus au Calvaire, la sainte Vierge et quelques autres personnes étaient les seules qui le plaignaient. Or dans quelle classe nous rangeons-nous, lorsque nous suivons Jésus dans les églises, dans les fêtes et d'autres exercices de piété ?

 

 

CINQUIÈME VENDREDI


Crucifiement de Jésus
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onsidérez comment, arrivés au Calvaire, les bourreaux se lancèrent avec fureur sur l'innocent Jésus, et lui arrachant ses vêtements tout trempés de sang, ouvrirent de nouveau toutes ses blessures qu'il avait reçues lors de la flagellation ; ensuite comment, l’ayant couché sur la Croix, ils le tirèrent dans tous les sens pour l'y fixer, ce qu'ils firent avec de longs clous. Ils lui clouèrent donc alors les pieds et les mains en frappant d'un grand nombre de violents coups de marteau. Ainsi ses chairs furent cruellement déchirées, ses nerfs se trouvèrent affreusement tiraillés, ses os disloqués ; des flots de sang coulèrent de ses plaies. Enfin la Croix sur laquelle il était nu, comme le pire des malfaiteurs, fut dressée. Quel spectacle atroce et barbare ! En y pensant, dit saint Bonaventure, je tombe de défaillance, je me meurs.

À quel état avez-vous donc été réduite, ô très aimante Mère, vous qui fûtes présente à tout ? Qui pourra comprendre l'amertume de votre excessive douleur ? Si je ne le puis, je veux du moins avoir un cœur pour y compatir, des larmes pour la soulager et une volonté de me corriger. Ô Reine pleine de désolation, je veux par amour pour vous, que le souvenir de ces immenses Douleurs soit gravé dans mon cœur. Si, au pied de la Croix, en voyant votre Jésus mort, vous avez tant pleuré que vos larmes furent taries.

Je veux aussi pleurer avec vous pour apaiser mon Jésus offensé et pour consoler votre cœur percé de douleur.

Grâce à demander

Ô Vierge Très Sainte et très affligée ! Par cette excessive Douleur que vous avez soufferte à la vue de votre Fils unique et bien-aimé mourant sur la Croix, en proie aux souffrances plus cruelles et abreuvé de tant d'outrages, obtenez de mon divin Rédempteur que toutes mes passions soient attachées à sa Croix, et que fortifié par sa douce présence et la vôtre, je termine ma vie par une mort sainte et édifiante.

Avantage à recueillir de cette cinquième douleur

  • La Mère de Dieu resta constamment au pied de la Croix jusqu'au dernier moment, parce qu'elle avait pour Jésus l'amour de la petite tendre mère. Vous resterez de même jusqu'au dernier instant de votre vie au pied de la Croix, compatissant aux Douleurs de la sainte Vierge, si vous l'aimez avec la tendresse d'un enfant véritable.
  • La bienheureuse Vierge ne se contenta pas de rester seule au pied de la Croix, mais elle y emmena encore avec elle Marie, femme de Cléophas, Marie-Madeleine et Jean. Vous serez aussi l'imitateur de Marie si, comme elle, vous inspirez à d'autres la dévotion de la compassion envers Jésus-Christ et de la Vierge de Douleur.
  • Jésus, en donnant son disciple Jean pour fils à Marie, nous recommande aussi à sa Très Sainte Mère, tout misérables pêcheurs que nous sommes ; apprenez donc à respecter et à aimer votre tendre Mère, la Vierge au pied de la Croix, et surtout à ne pas multiplier ses Douleurs en offensant son divin Fils.

 

 

SIXIÈME VENDREDI


Marie reçoit Jésus mort dans ses bras
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onsidérez combien dû être véhémente et cruelle la Douleur de Marie lorsqu'on descendit Jésus de la Croix, tout couvert de blessures et de sang, et que Nicodème et Joseph Le déposèrent sur son sein. Ce fut un miracle, dit un ange à sainte  Brigitte, qu'elle ne mourut pas sur le champ de la commotion qu'elle ressentit alors. À peine Marie eut-elle dans ses bras le corps de son Fils, qu'elle le pressa fortement contre elle, compta ensuite une à une ses profondes blessures, et appliqua son visage sur celui de son Fils, le baisant et le rebaisant avec larmes. Ces pieuses caresses portèrent bientôt sa douleur à l'excès. Aussi saint Bernard dit qu'elle fut sur le point de perdre la vie.

Quelle compassion ne dut pas exciter dans le cœur de Jean et des deux affligées Maries le lamentable spectacle d'une Mère ayant son Fils mort dans ses bras ! Ils pleuraient si amèrement, dit encore saint Bernard, que la douleur les rendit muets. Et moi, que ferai-je ? Resterai-je aussi insensible qu'un rocher ? Si je ne compatis à cette douleur, la plus grande de toute, quand est-ce que je serai ému ? Vierge très affligée, si votre Fils fit connaître en vous sa puissance en ne vous faisant pas mourir de douleur, montrez-moi votre tendresse en me rendant compatissant. Je veux pleurer, mais que l'objet de mes larmes soit à jamais vos cruelles Douleurs et mes énormes péchés, unique cause de vos chagrins !

Faites que je pleure de compassion avec vous, que je compatisse à votre Crucifié tous les jours de ma vie.

Grâce à demander

Ô Vierge Très Sainte et très affligée, au nom de vos Douleurs si amères, obtenez-moi je vous prie, la grâce que dans mes derniers moments, je sois digne de recevoir Jésus dans mon cœur, afin de Le posséder parfaitement ensuite dans le Ciel.

Avantage à recueillir de cette sixième douleur

  • Joseph d'Arimathie, maintenant disciple déclaré de Jésus, s'enhardit au point de réclamer de Pilate le corps du Rédempteur pour l'ensevelir. Apprenez par là que, lorsqu'il s'agit de se déclarer disciple de Jésus-Christ en faisant des actes de piété, vous devrez braver tout respect humain et redoubler, à mesure qu'on vous oppose plus d'obstacles, de zèle et de ferveur dans le service de Dieu.
  • Quelle consolation n'aurait pas éprouvé le corps mutilé de Jésus, s'il en eût été capable, lorsque mort, il fut déposé dans les bras de la bienheureuse Vierge ? Mais en eût-il été de même avec vous ? Peut-être aurait-il cru être sur une croix plus dure que celle d'où on l'avait descendu !
  • Si Jésus voulu, après sa mort, être placé sur le sein et dans les bras de sa Très Sainte Mère, c'est pour vous apprendre que, si vous voulez jouir des grâces qu'il vous a acquises par son sang, vous devez avoir recours à Marie qui le garde sur son sein.

 

 

SEPTIÈME VENDREDI


Jésus porté est accompagné au sépulcre
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onsidérez quel chagrin du s'emparer du cœur de la sainte Vierge lorsque l'heure d'ensevelir son cher Jésus fut venue et qu’elle se le vit enlevé des bras. Quels embrassements, quelles larmes ne dut-elle pas lui prodiguer de nouveau dans cette occasion ! Elle versait, dit saint Bonaventure, des larmes que rien n'aurait pu arrêter ; elles coulèrent pendant tout le trajet, nous dit saint Bernard. Ô Mère inconsolable, si vous vous êtes abandonnée à une si vive douleur, si vous avez éprouvé tant de chagrin, si vous avez versé tant de larmes en voyant arracher de votre sein les restes inanimés de votre divin Fils, dont la présence apportait encore quelque adoucissement à vos angoisses, dans quel état dû être votre cœur lorsque, le sépulcre étant fermé avec une grosse pierre, ce cher Fils fut ravi tout entier à vos regards ! Quelle langue pourrait l’expliquer ? Comme vous-même avez révélé à sainte Brigitte, il n'est pas au pouvoir de l'homme de le dire. Mais, si le langage humain est impuissant, je puis, moi, et je veux témoigner de ma compassion en mêlant mes larmes aux vôtres. Accroissez donc, ô Vierge très affligée, ma douleur par la vue de la vôtre ; faites que vos larmes fassent couler les miennes, et obtenez moi une vive affliction de mes péchés, l'unique cause de vos souffrances, afin qu'au moment où l’argile de mon corps sera déposée dans le tombeau, mon âme, purifiée par vos larmes et les miennes, s'envole immortelle au séjour de la gloire éternelle.

Et, lorsque mon corps devra subir la mort, daignez accorder à mon âme la gloire du paradis.

Grâce à demander

Ô Très Sainte Vierge, au nom de cette Douleur amère que vous avez éprouvée en vous voyant veuve, solitaire, privée de votre cher et bien-aimé Jésus, renfermé dans le sépulcre, obtenez-moi je vous prie, le pardon des innombrables péchés que j'ai commis et accordez-moi votre assistance à l'heure de la mort pour que, ni pendant ma vie ni au moment où je rendrai mon esprit à Dieu, je ne sois privé de la grâce de votre cher Fils Jésus, mon divin Sauveur.

Avantage à recueillir de cette septième douleur

  • Quand Jésus fut pour être enseveli, il ne voulut être déposé que dans un sépulcre qui n'avait pas encore servi. Apprenez par là, pécheurs, combien votre cœur doit être pur, si vous voulez recevoir dignement le Saint-Sacrement de l'Eucharistie.
  • Au milieu de toutes les douleurs que la Très Saint Vierge continua de supporter, même après la sépulture de son Fils unique, elle n'eut d'autre consolation que l'espoir de le voir bientôt ressusciter. Et vous aussi, donnez à Marie une consolation semblable : en vous montrant à elle vraiment sorti de la fange du péché, vous adoucirez son excessive douleur.
  • Saint Ambroise assure que la douleur de la Très Sainte Vierge, en se voyant séparée de son Fils, soit vivant, soit mort, fut si véhémente et si cruelle, qu'afin d'en adoucir l'amertume, il accéléra la résurrection. Si vous voulez aussi agir en véritable enfant de Marie vous devez faire tout ce qui dépend de vous pour compatir à ses Douleurs et la consoler dans ses larmes.

 

 

 

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