Prière à Notre-Dame de Compassion pour
l’Église dans les épreuves

Ô

Mère de Douleurs, nous compatissons de toute notre âme à votre affliction. Nous sentons notre cœur se briser à la vue de la désolation grande comme la mer où vous êtes plongée. Qui pourrait vous voir, sans pleurer, au pied de cette Croix où notre Sauveur expie nos péchés maudits dans des supplices si horribles ? Quel est l'homme dont le cœur serait assez dur pour ne pas verser des larmes en contemplant le corps de votre divin Fils étendu sans vie sur vos genoux ? Ces profondes blessures qui le sillonnent des pieds à la tête, les plaies béantes de ses mains, de ses pieds, de son côté, ces traces sanglantes des épines qui ont déchiré sa tête, ne sont-elles pas autant de bouches éloquentes, bien capables de nous toucher jusqu'aux larmes ? Oh ! Oui, Mère désolée, c'est du fond du cœur que nous compatissant à votre désolation.

E

t toutefois, au milieu de notre compassion pour vous, nous ne pouvons détacher notre pensée d'une autre Mère plongée dans la douleur, et nous nous sentons irrésistiblement pressés d'implorer votre pitié pour elle. La sainte Église, ô douce Mère, est aujourd'hui dans le deuil ; elle aussi pleure amèrement, et ses cris déchirants nous fendent le cœur : on lui a arraché toutes les nations, ses filles soumises, et voici que maintenant on vient lui arracher les âmes par milliers. Vous pleurez sur votre Fils couvert de blessures ; elle aussi pleure sur les plaies profondes que fait l'impiété triomphante à ses enfants bien-aimés.

S

i vous vous sentez défaillir à la vue du cadavre sanglant de Jésus, elle aussi se sent évanouir en voyant les âmes qui périssent sous les coups répétés de leurs ennemis. Cette douleur indicible que vous ressentez en voyant enlever votre divin Fils pour le mettre dans le sépulcre, elle l'éprouve, elle aussi, en voyant partout les pauvres âmes arrachées de son sein maternel et jetées en masse dans les abîmes de l'enfer. Ô Mère de Douleurs, par l'affliction profonde qui remplit votre Cœur, ayez-pitié de cette pauvre Mère qui pleure. Tournez vers elle vos regards miséricordieux, ô Vous si clémente, si bonne et si douce. Levez vers le ciel vos mains défaillantes et vos yeux baignés de larmes, et conjurez le Seigneur d'avoir pitié de la sainte Église : qu’il se hâte de venir la consoler, qu'il vienne sécher ses larmes, qu'il lui envoie au plus tôt le grand secours dont elle a besoin. Dieu serait-il assez dur pour ne pas avoir pitié de vos larmes ! Pourrait-il vous refusez quelque chose, ô vous qui venez de lui sacrifier si généreusement votre divin Fils, et qui vous êtes immolée de vous-même avec lui ? Vous êtes toujours la toute-puissance suppliante, mais c'est surtout quand vous vous donnez aux pieds de la Croix, ou que vous avez sur les genoux la grande Victime du monde, que vos prières sont irrésistibles. Nous vous en conjurons donc ô Mère de Douleurs, usez auprès de Dieu de votre pouvoir, et puisque vous pouvez obtenir des grâces immenses, ne mettez pas de borne à vos demandes. Dites un mot et nous seront sauvés.

Ainsi soit-il. (1888).

 

 

 

 

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