Stations à Marie Désolée

ou

Marie au Pied de la Croix

 

(300 jours d’indulgence pour les fidèles qui feront ces stations, depuis le vendredi à 3 heures de l’après-midi jusqu’à l’aurore du dimanche,
et méditeront 1 heure ou 1 h. et demie sur l’affliction de Marie après la mort de son Fils. Applicables aux âmes du Purgatoire.)

 

 

Extrait de :
« Le Livre de la Croix », recueil complet d'exercices de piété en l'honneur de la passion et des douleurs de Marie, P. Leloup, (1868),
approuvé par S. Em. le cardinal-archevêque de Malines et recommandé par S. Em. le cardinal-archevêque de Bordeaux. 1868.

(Mis à la disposition par Google Livres)

 

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PREMIÈRE STATION

La Très Sainte Vierge au sépulcre de Jésus
( Le Vendredi à 5 heures du soir )
M

arie a suivi le Corps de son divin Fils jusqu'au sépulcre ; ce Corps sacré est embaumé et enseveli, mais au moins ses yeux le contemplent encore. Bientôt on lui ravit cette dernière et douloureuse consolation ; Jésus est déposé dans le sépulcre, et une large pierre en renferme l'entrée.

Ô Reine des martyrs ! Votre âme est calme et résignée ; mais quel déchirement n'éprouve pas votre cœur maternel ! Vous reprenez tristement la route du Calvaire avec saint Jean, devenu votre fils. Ah ! Permettez-moi de vous suivre avec lui et veuillez me regarder aussi comme votre enfant. Avec ce fidèle disciple de l'amour et de la Croix, je veux partager toutes vos peines, et avoir pour vous une tendresse vraiment filiale, un respect sincère et profond, une humble et docile soumission.

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater (voir plus bas), après chaque station.

 

 

DEUXIÈME STATION

Marie retournant à Jérusalem,
se retrouve au pied de la Croix
( Le Vendredi à 7 heures du soir )
C

’est à la trace du sang de Jésus que Marie reconnaît le chemin qu'elle doit suivre. Elle arrive bientôt auprès de la Croix de Jésus et, la première, elle vénère ce signe de salut, prosternée sur la terre qui vient d'être arrosée du sang de son divin Fils.

Ô ma très sainte Mère ! Laissez-moi pénétrer dans votre cœur en ce moment. Votre douloureux martyre se renouvelle et toutes les circonstances du supplice de votre Bien-aimé se retracent à votre esprit. Jésus n'est plus présent sur le Calvaire, néanmoins vous le voyez encore cloué, meurtri, déchiré, ensanglanté. Il vous semble entendre ses dernières paroles, ses soupirs, ses gémissements et les blasphèmes qu'on vomissait contre lui.

Ô Mère désolée ! Obtenez-moi de recueillir des fruits abondants de la Passion de Jésus-Christ et de la vôtre. C'est par la seulement que je puis vous consoler dans votre extrême affliction.

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

TROISIÈME STATION

Marie revoit l’endroit où jésus a été cloué à la Croix
( Le Vendredi à 9 heures du soir )
L

a Très sainte Vierge aperçoit l'endroit où son Fils bien-aimé a été attaché à la Croix. Elle voit encore les ruisseaux de sang sortis de ses pieds et de ses mains transpercés ; elle voit les clous, les marteaux, et elle se représente les membres de Jésus étendus et disloqués...

Non, Vierge sacrée, il ne nous est pas donné de comprendre l'étendue de votre Douleur : elle est au-dessus de toute expression et de toute pensée. Et cependant, c'est volontairement que vous l'endurez. Votre divin Fils n'a été immolé que parce qu'il l'a voulu, et nous pouvons dire aussi que votre âme n'a enduré un si cruel martyre que par ce que vous l'avez voulu. Oui, par amour pour nous vous avez consenti à sa mort.

Ô Mère incomparable, quelle soif n'avez-vous donc pas de ma sanctification ! Ah ! Contentez vos désirs, prenez mon âme, lavez-la dans ce sang adorable que vous contemplez avec tant de douleur, rendez-la toute pure et toute belle, digne de Jésus et de vous.

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

QUATRIÈME STATION

Marie rentre dans la ville de Jérusalem
( Le Samedi à 7 heures du matin )
O

h ! Qui nous dira ce qu'éprouva Marie lorsqu'elle rentra dans Jérusalem ! C’est à cette malheureuse cité que son Fils a apporté la Bonne Nouvelle du Salut ; c'est pour elle qu'il a fait tant de miracles, et c'est elle qui le met à mort. Si, au moins, elle profitait de cette mort ! Mais non, tant de sang répandu ne servira pas à Jérusalem. Que dis-je ? Elle n'en deviendra que plus endurcie et déjà Marie entrevoit le jour où s'accomplira la triste prophétie de Jésus sur son ingrate patrie. Que cette vue lui est douloureuse !

Divine Marie, c'est ainsi que vous vous affligez chaque fois qu'un pécheur endurci ferme volontairement son cœur à la divine Miséricorde. Rappelez-vous que Jésus a mis sa toute-puissance entre vos mains, et qu'il ne vous refuse rien. Priez pour ces pauvres infortunés qui sont assez insensés pour vouloir ainsi leur propre malheur. Priez, et répandez sur eux ces grâces miraculeuses par lesquelles vous avez déjà sauvé tant de pécheurs désespérés. Éclairez leur esprit, et montrez leur l'abîme qu'ils creusent sous leurs pieds ; touchez leur cœur et convertissez-les parfaitement au Dieu qu'ils ont abandonné.

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

CINQUIÈME STATION

Marie passe devant le Prétoire de Pilate
( Le Samedi à 8 heures du matin )
À

chaque pas le cœur sensible de Marie éprouve de nouvelles secousses. Le voilà maintenant devant le prétoire de Pilate : c'est là que son Fils a été flagellé, qu'il a été couronné d'épines, que Barabbas lui-là été préféré ; c'est là que Jésus a été rejeté avec imprécation, qu'il a été condamné et chargé de sa Croix. Marie repasse tout dans son cœur ; sa fidèle mémoire l'afflige par le souvenir des moindres circonstances.

Ô divine Marie ! Dans votre cœur sont gravés tous les traits de la Passion et des humiliations de Jésus ; gravez-les aussi dans le mien en caractères ineffaçables, afin que les contemplant sans cesse, mon amour pour Jésus et pour Vous prennent chaque jour de nouveaux accroissements.

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

SIXIÈME STATION

Marie toujours occupée de la Passion de Jésus
( Le Samedi à 17 heures )
P

endant que Jésus est dans le tombeau, Marie n'a pas d'autre aliment ni d'autre repos que le douloureux souvenir de la Passion de son divin Fils. Son cœur en est transpercé, déchiré, mille fois immolé. Son amour lui fait boire à longs traits les amertumes de la Croix ; sa voix, entrecoupée de sanglots, appelle sans cesse son Jésus. Mille fois plus désolée que David pleurant Absalon, elle s'écrie et le jour et la nuit : Jésus, mon Fils, mon Fils Jésus !... Il est mort ce Jésus qui a tant aimé les hommes ; il est mort par les mains de ceux qu'il avait comblé de bienfaits ; il est mort dans un excès de douleurs, sans consolation... Il est mort...

Ô Mère désolée ! Il ne nous est pas donné de comprendre l'étendue de votre douleur : elle surpasse infiniment toute expression, toute pensée. C'est pour notre salut que vous avez souffert de ce cruel martyre. Ô Mère incomparable ! Contentez le désir qui vous presse de la sanctification et du salut de nos âmes. Apprenez-moi à porter sans cesse dans mon cœur le souvenir de la Passion de Jésus et de vos Douleurs.

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

SEPTIÈME STATION

Marie affligée des péchés des hommes
( Le Samedi à 19 heures )
J

ésus sur la Croix fut la victime sans tache en même tant que le Pontife et le Médiateur par excellence entre Dieu et les hommes ; et Marie, debout auprès de la Croix, ne fut-elle pas associée à son divin Fils dans toutes ses fonctions ? Comme Jésus, ne nous a-t-elle pas tous enfantés sur le Calvaire, avec une douleur et un amour incomparables ?... Quel fut donc la douleur de cette tendre Mère quand elle songea que ses enfant fouleraient aux pieds le sang qui les avait rachetés, et se précipiteraient en foule dans les abîmes éternels. Voilà le glaive le plus cruel qui perce le Cœur de Marie ; c'est ce glaive qui lui a mérité le titre de Reine des martyrs. Hélas ! N'aurais-je donc pas de larmes à mêler à celles de Marie ? Ne pourrais-je essuyer au moins celles que moi en particulier, je lui ai fait répandre ?

Ô Marie, ô ma Mère ! Je veux vous consoler par mon repentir ; que ne puis-je, par mon amour, réparer aussi les outrages que vous font les pécheurs !

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

HUITIÈME STATION

Marie connaît la résurrection
( Le Dimanche matin )
D

ès l'aube du jour, Jésus sort triomphant du tombeau : Marie partage sa joie et sa Gloire comme il a partagé ses douleurs.

Ô Mère Bienheureuse, réjouissez-vous ; Jésus a vaincu la mort, Jésus a subjugué l'enfer, Jésus a détruit le péché... Avec quelle ravissante beauté ce Fils incomparable apparaît à son auguste Mère !...

Ô Marie prêtez-moi vos yeux si purs pour contempler Jésus, prêtez-moi votre cœur pour l'aimer. Apprenez-moi à porter en moi-même l'image de sa bienheureuse Résurrection, par une vie toute sainte, toute céleste, toute cachée en Dieu, avec Jésus et avec vous, ô ma sainte Mère !

 

On récite l'Ave Maria et une ou deux strophes du Stabat Mater.

 

 

ACTE de CONSÉCRATION à MARIE DÉSOLÉE

V

ierge sainte, Mère de mon Sauveur, je vous choisis aujourd'hui pour ma Souveraine, ma Protectrice et mon Avocate. auprès de Jésus, votre divin Fils ; imprimez dans mon cœur les Douleurs que vous avez ressenties au pied de la Croix et recevez-moi pour toujours au nombre de vos enfants ; assistez-moi dans tous les instants de ma vie, surtout à l'heure de ma mort, afin qu'uni à vos Douleurs dans cette vallée de larmes, et vivant désormais dans une constante fidélité à votre service, je puisse mériter, dans l'imitation de vos vertus, la couronne de gloire que Dieu donne à ses élus.

 

 

 

PROSE à MARIE AU PIED de la CROIX

(Stabat Mater dolorosa)
Par le Pape Innocent III.
(100 d’indulgence pour sa récitation)

 

D

ebout au pied de la Croix à laquelle son Fils était suspendu, la Mère de Douleurs pleurait.
Son âme abattue, gémissante et désolée, fut percée du glaive de Douleurs.

Oh ! Qu'elle fut triste et affligée cette Mère bénie du Fils unique de Dieu !
Cette tendre Mère gémissait et soupirait à la vue des angoisses de son divin Fils.

Qui pourrait retenir ses larmes en voyant la Mère de Jésus-Christ dans cet excès de douleur ?

Qui pourrait contempler sans une profonde tristesse la Mère de Jésus-Christ souffrant avec son Fils ?
Elle voit Jésus livré aux tourments et déchiré de coups pour les péchés de sa nation.

 

Elle voit ce Fils bien-aimé mourant, délaissé jusqu'au dernier soupir.
Ô Mère pleine d'amour, faites que je sente votre douleur, que je pleure avec vous.

Faites que mon cœur soit embrasé d'amour pour Jésus-Christ et ne songe qu'à lui plaire.

Ô sainte Mère, imprimez profondément dans mon cœur les plaies de Jésus crucifié.
Partagez avec moi les tourments que votre Fils a daigné subir pour moi.

Faites que je pleure pieusement avec vous et que je compatisse tous les jours de ma vie aux souffrances de votre Fils crucifié.
Désormais je veux demeurer avec vous au pied de la Croix et m’associer à vos Douleurs.
Ô Vierge, la plus pure des vierges, ne repoussez pas ma prière : faites que je pleure avec vous.

Que je porte en moi la mort de Jésus-Christ, le poids de sa Passion et le souvenir de ses plaies.

Faites que blessé de ses blessures je sois enivré de cette Croix et du Sang de votre Fils.

Vierge puissante, défendez-moi aujourd'hui au jour du jugement, afin que je ne sois pas la proie des flammes éternelles.
Que la Croix de Jésus soit ma sauvegarde, que sa mort soit ma sûreté, sa grâce mon soutient.
Lorsque mon corps mourra, obtenez à mon âme la gloire du Paradis.

Ainsi soit-il.

Dans certains diocèses la dernière strophe et remplacer par celle-ci :
Ô Jésus, accordez-moi par votre Mère, qu'au moment où je quitterai ce monde, je reçoive la palme de la victoire.

 

 

ÉPILOGUE

On oublie trop souvent la suite.
L’histoire de Marie ne s’arrête pas à la sépulture de son Fils et à sa Résurrection.
Les souffrances continuent.
Elle vécut encore 15 ans selon la Tradition.
15 ans à attendre de s’unir avec Celui qui est toute sa vie.
Ô certes il y avait l’Eucharistie mais quel jeûne quotidien !, comparé à la présence physique et intime des 30 ans à Nazareth.
Elle a vécu dans le dénuement, comme ses enfants, ne Le connaissant que par l’Eucharistie, elle sa propre Mère.
Il fallut patienter de Le revoir de ses propres yeux et patienter avec ces hommes, les apôtres et les autres, si infiniment éloignés d’elle, tellement maculés.
Aucune possibilité de communion d’âmes, la distance étant quasi infinie.
Il n’y avait que Lui et saint Joseph avec qui il était possible d’être en phase.
15 ans de solitude de l’âme, 15 ans de prières pour l’Église naissante,
15 ans à suivre la germination de l’enseignement de son propre Fils.
15 ans d’enfantement.
Tout pour les autres, rien pour Elle, comme Dieu.
Une vie de solitude, d’effacements, de souffrances acceptées mais toujours douloureuses pour autant.
Une vie d’obéissance, rien que d’obéissance à la Volonté de Dieu,
Volonté si surprenante, si déroutante pour notre pauvre entendement si aveugle.
Mais pas pour son Cœur.
Une vie de Fiat,

Le Fiat incarné.

 

 

 

 

 

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