Explications et Conseils

pour le jour de
Marie Désolée

 

 

Extrait de :
« Couronne ou chapelet en l’honneur des sept Douleurs de la Très Sainte Vierge Marie », auteur non indiqué, Paris, chez Pelagaud et Lesne, 1841.
(Mis à la disposition par Google Livres)

 

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Plan :
— Le Jour de Marie désolée
— Au lecteur dévot
— Exercice à pratiquer

 

 

 

 

Le Jour de Marie désolée

 

C

'est un exercice de dévotion à pratiquer en l'honneur de la Très sainte Vierge Marie, et principalement depuis le soir du vendredi saint jusqu'à l'aurore du jour de Pâques. Il peut encore se pratiquer tous les vendredis et samedis de l'année, et même en forme de neuvaine.

 

 

 

Au lecteur dévot

 

P

armi tant de Douleurs aigües que Marie a souffertes pendant le cours de la Passion, et à la mort de Jésus-Christ son divin Fils, la plus violente, la plus profonde, cependant la moins connue et la moins honorée par les fidèles, paraît être celle qu'elle ressentit quand elle se vie privée du Corps de son Fils. Avoir vu ce Corps précieux tout déchiré de coups, tout couvert de sang, attaché et mort sur une croix, avait été pour cette tendre Mère un martyre douloureux ; mais ne plus le voir, ne plus le posséder jusqu'au moment de sa Résurrection, c'est ce qui mit le comble à sa douleur et la rendit la plus affligée de toutes les mères... C'est le propre de l'amour de posséder et de contempler l'objet aimé, fût-il même accablé sous le poids des plus vives douleurs ; et si on ne peut plus voir cet objet chéri, c'est alors que le tourment s'accroît, et parvient à son comble ! Dans le temps qui s'écoula entre la sépulture de Jésus-Christ et sa glorieuse Résurrection, temps où cette tendre Mère fut privée de la présence visible de ce Fils bien-aimé, pieux lecteur, soyez touchés de compassion pour Marie ; venez-vous entretenir avec elle ; cherchez à lui procurer quelque soulagement, et soyez assuré que vous ressentirez toujours les effets de sa puissante protection.

 

 

 

Exercice à pratiquer

 

L

e Corps adorable du Sauveur ayant demeuré environ quarante heures dans le tombeau, il paraît convenable que la dévotion envers Marie désolée dure autant de temps, partout où elle peut se pratiquer, c'est-à-dire qu'elle commence une demi-heure avant le coucher du soleil du vendredi, et continue sans interruption, jusqu'à l'aurore du dimanche de Pâques. Les personnes pieuses, associées à cette sainte pratique de dévotion, pourront se partager entre elles le temps, tant du jour que de la nuit, dans lequel elles devront prier pendant une heure ou une demi-heure, comme il conviendra le mieux, afin que l'oraison soit continuelle pendant tout ce temps, et que toujours quelqu'un tienne compagnie à Marie désolée (1). Cette dévotion commença dans le vieux monastère des religieuses de Palme, en Sicile, célèbre par la grande servante de Dieu, la vénérable sœur Marie-Crucifiée Tomasi, sœur du bienheureux cardinal du même nom ; ces ferventes religieuses ne laissèrent jamais seule dans leur chapelle l'image de Marie, depuis le soir du vendredi saint, jusqu'au dimanche de Pâques, allant chacune à leur tour et avec empressement, la visiter lui tenir compagnie dans sa douleur et son affliction. Cette dévotion s'est beaucoup étendu depuis dans les pieuses communautés, dans les maisons particulières et dans les paroisses d'Italie.

Demi-heure avant le coucher du soleil, le vendredi saint, prosternez-vous devant quelque image de Marie, ou en quelque endroit que vous vous trouviez, et dites-lui avec st Éphrem : « Ô ma Souveraine, prosterné humblement à vos pieds, j'implore votre secours, afin que votre divin Fils ne me rejette pas de sa sainte Présence à cause de mes péchés, qui ont été le vrai sujet de ses cruelles douleurs et des vôtres. » Faites en sorte de répéter cette oraison jaculatoire chaque heure, et même plusieurs fois par heure jusqu'à l'aurore du dimanche ; et en allant prendre votre repos, priez votre saint ange gardien de la répéter souvent pour vous à votre tendre Mère plongée dans un océan d'amertumes et d'afflictions ; adressez-lui cette courte oraison jaculatoire toutes les fois que vous vous éveillerez dans la nuit ; et si la dévotion vous inspirait de passer toute la nuit, ou une bonne partie de la nuit, dans le cas où votre santé et l'obéissance ne s'y opposeraient pas, fait ce que la dévotion et la piété vous suggéreront ; car chacun en son particulier peut, selon qu'il sera inspiré, s'exciter à cette pieuse et sainte pratique.

Au lieu de cette oraison jaculatoire, vous pouvez réciter le Salve Regina, ou bien dire : « ma tendre Mère, que je vois plongée dans la plus profonde affliction, je ne veux pas vous laisser seule répandre des torrents de larmes dans votre solitude ; non, je ne vous abandonnerai pas ; je veux mêler mes larmes avec les vôtres ; je veux partager vos Douleurs et celles de mon Rédempteur. »

Pendant le jour, et dans les deux nuits, méditez plusieurs fois sur l'extrême affliction de Marie : les stations suivantes vous en fourniront le sujet. Pendant le jour il convient de les faire à l'église, si cela est possible ; pendant les deux nuits, chacun peut les faire chez soi. Les associés à cette sainte et pieuse pratique, d'une ou de plusieurs paroisses, peuvent se distribuer entre’ eux le temps, de manière à ce que toujours il y ait quelqu'un qui s'entretienne avec Marie plongée dans son affliction. Pour cela il convient que quelqu'un ait soin d'assigner à chacun des associés l'heure qui lui sera la plus commode ; si leur nombre est considérable, ils pourront être plusieurs à la même heure ; si leur nombre est petit, la même personne pourra prendre plus d'une heure ou continue ou séparée, selon qu'il lui sera plus commode, afin qu'il n'y ait aucune interruption dans cet exercice de dévotion.

 

 

 

 


[1] Vœu pieux, peut être réalisable en d'autres temps mais quasi impossible à l'heure actuelle. Vous pouvez tout simplement grouper les prières et Ave, en plusieurs fois dans la journée, et éventuellement si vous vous réveillez la nuit, faire celle qui correspond à cette heure du réveil. Ça sera toujours mieux que de ne rien faire. À l'impossible nul n'est tenu.

 

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