Intérêt de la Dévotion des

Sept Vendredis
En l’honneur de

Notre-Dame des Douleurs

 

 

Extrait de :
« Couronne ou chapelet en l’honneur des sept Douleurs de la Très Sainte Vierge Marie », auteur non indiqué, Paris, chez Pelagaud et Lesne, 1841.
(Mis à la disposition par Google Livres)

 

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Exercices de piété pour les sept Vendredis qui précèdent la fête de la Compassion de la très sainte Vierge (ou à tout autre époque de l’année).

 

 

 

 

Présentation

 

S

'il est utile pour les fidèles d'unir le souvenir des Douleurs de la sainte Vierge à la méditation des souffrances de son divin Fils, c'est dans les jours où l'Église s'en occupe plus spécialement qu'ils doivent en retirer plus de fruits ; aussi depuis plusieurs siècles se sont-ils empressés de pratiquer la dévotion des sept Vendredis dans tous les lieux où elle est répandue. Nous pensons d'après cela, que pour la faire embrasser à ceux qui l'ignorent, il suffit, en la leur faisant connaître, de leur apprendre les principaux avantages qu'ils peuvent en retirer. Dès la semaine de la Septuagésime, ils doivent s'appliquer, tous les vendredis, jusqu'à la fête de la Compassion, aux pieux exercices de cette dévotion qui leur fourniront, s'ils les pratiquent avec fidélité, non seulement un moyen de satisfaire leur tendre piété pour la sainte Vierge en partageant ses Douleurs, mais encore un puissant secours pour sanctifier la pénitence que l'Église leur prescrit dans le Carême, et une préparation particulière à la méditation du grand mystère de la Rédemption, en leur apprenant à le considérer attentivement.

Enfin les fidèles qui, par ces différents exercices, auront partagé successivement chacune des Douleurs de la sainte Vierge, ne peuvent mieux en recueillir le fruit qu'en réunissant à la fois dans leur cœur, au jour de la Compassion, tous les pieux sentiments qu'ils ont dû ressentir pendant les sept vendredis, afin de les honorer toute en ce jour d'une manière spéciale.

Chacun de ces jours ils doivent, autant qu'il sera possible, observer la méthode suivante en pratiquant les exercices de cette dévotion :
     1° Ils liront au commencement de la journée, avec attention et piété, la méditation du mystère, afin qu'en étant bien pénétrés, ils puissent y appliquer souvent leur esprit dans le reste du jour, et partager, autant qu'ils le pourront, les Douleurs de la sainte Vierge en les gravant profondément dans leurs cœurs.
     2° Ils réciteront le chapelet des Sept Douleurs, ou au moins, sept Pater et sept Ave Maria.
     3° Ils visiteront la chapelle de Notre Dame des Sept Douleurs, dans laquelle ils diront le Stabat, et s’il ne le savent pas, au moins un Pater et un Ave Maria ; ils prieront  encore selon les intentions de l'Église, demanderont les grâces qu'ils désirent particulièrement obtenir par l'entremise de la sainte Vierge. Si dans l'endroit ils se trouveront, on n'a pas érigé de chapelle en l'honneur de Notre Dame des Sept Douleurs, ils feront cette visite à quelle qu'autre chapelle de la sainte Vierge, ou s'il n'y en a pas, au principal autel de l'église.
     4° S'ils peuvent approcher des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, ils ne doivent pas négliger de le faire avec toute la dévotion dont ils seront capables ; mais au moins tacheront-ils d'avoir ce bonheur le jour de la fête de la Compassion, auquel ils sont invités à méditer pendant une heure sur les Douleurs de la Très sainte Vierge, afin de gagner l'indulgence plénière accordée par Benoît XIV à ceux qui, une fois dans l'année, font une heure d'oraison mentale sur les Douleurs de la sainte Vierge, après avoir approché des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.

Enfin, s'ils veulent attirer sur ces pieux exercices des bénédictions du Ciel, et à recueillir les fruits précieux, ils doivent, par une conduite vraiment chrétienne, se montrer dignes enfants de Marie ; et fuyant les folles joies du monde et sa dissipation, mener, autant qu'ils le pourront, une vie retirée et pratiquer quelques bonnes œuvres ; principalement, consoler les affligés, secourir et visiter les malades, les pauvres, les prisonniers ; réconcilier les ennemis, supporter avec patience les torts et les défauts du prochain, le rappeler de ses égarements, l'instruire des vérités de la Religion, et lui faire tout le bien dont ils seront capables, dans la seule vue de plaire à Dieu.

Si leur santé le permet, ils pourront, avec l'avis d'un directeur éclairé, joindre quelque mortification corporelle à la mortification de l'esprit et du cœur qui est nécessaire à tous et à la portée de tout le monde ; se souvenant que c'est l'esprit dont ces pratiques sont animées qui leur donne un grand mérite aux yeux de Dieu.

Il est avantageux qu'ils s'occupent de temps en temps, dans la semaine, des pieux sentiments (1) qu'ont dû exciter en eux les exercices qu'ils ont pratiqués le vendredi précédent : ce sera le moyen de rendre les fruits plus durables plus efficaces.

Les pratiques de cette dévotion peuvent encore servir, utilement dans le courant de l'année, pour obtenir quelques grâces par l'intercession de la Très sainte Vierge.

 

 

 


[1] C'est à dire de pieuses réflexions, et de pieux engagements, comme le conseillent nombre d'auteurs de spiritualité.

 

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